Corbeni - Dragodana

Publié le par Guillaume & Dagmar

A peine levés, nous voulons vérifier que nous pouvons retirer de l'argent. Il nous reste un peu plus de 20 km à faire en léger faux-plat descendant avant le premier distributeur. Nous les ferons en 45 minutes. Nous roulons comme des fous. devant le distributeur, suspens...  Je crois que ni elle ni moi n'avons jamais été si content de retirer de l'argent !


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Nous décidons de nous offrir un restaurant, car après 2 jours à manger des tartines de pain raci, nous commencons à avoir envie d'autre chose.


Le problème maintenant que nous avons de l'argent est que nous sommes samedi, après le 15 Aout, et que la Roumanie tout entière semble avoir décidé de se marier ce week-end là.

Tous les restaurants que nous trouvons sont complets ou réservé et nous finissons pas échouer dans une sorte de cafétéria peu alléchante.


Le reste du chemin se fera sur les routes. Nous avons l'impression, après cette étape de montagne, que nous avons maintenant tout ce que nous étions venu chercher et l'envie de traverser les villages isolés ne nous enchante plus guère et nous sommes pressés d'arriver à Bucarest.

(Ci dessous une charette à boeuf sur la nationale, sans aucun cadavre dedans.)

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Nos hôtes de Caprioara nous avaient prévenus, dès que nous franchirions les Carpates, une fois côté Bucarest, ce ne serait plus la même Roumanie. C'est le cas. Tout semble un peu plus 'neuf' et propre. (toute proportion gardée avec ce que qu'on peut appeler neuf, puisque ici, il semble qu'ils soient passés experts dans l'art de faire du moins vieux avec du vieux). Peut-être aussi n'avons nous pas vu ''l'envers du décor'' en restant cette fois-ci sur les routes principales.

Une anecdote particulière : alors que nous roulons à la sortie d'une petite ville, après avoir vu un cortège pour un mariage, nous en doublons un autre avec une charette à l'arrière de laquelle se trouve quelque chose. Comme de nombreuses personnes suivent le véhicule et des enfants sont assis sur le bord de la 'remorque', je me demande
betement si il ne s'agit pas d'une coutume pour un mariage, mais la vue d'une vielle dame couchée sur des draps, les bras ramenés sur la poitrine, ainsi qu'un petit coup d'oeil en arrière pour apercevoir un groupe de mamies habillées de sombre me font comprendre que je viens de voir une morte sur le chemin du cimetière.


Corbeni---Dragodana---202.JPGNous filons donc en direction de Bucarest, en essayant de nous en rapprocher le plus possible. Nous nous fixons des objectifs que nous allons à chaque fois repousser.
Tout d'abord Pitesti à 75 km de notre départ. Le guide indique : ville industrielle, sans aucun intérêt, et des commentaires du genre: ''s'y arréter éventuellement pour passer la nuit si pas d'autres solutions...'' Je caricature un peu, mais pour avoir traversé la ville en entier, je donnerais le même conseil. Rien à voir,  circulez
.
C'est pourtant à Pitesti, en y arrivant par les faubourgs nord qu'on fera notre seule expérience désagréable avec les autochtones.

Tout le long de notre périple, nous avons croisé des gens dont nous n'arrivions pas à interpréter le regard. Il est clair que maitriser la langue nous aurait aidé à comprendre un peu mieux ce qu'il pensaient. Nous avons parfois eu l'impression de passer pour des fous à leurs yeux ou bien et plus rarement, d'être aux yeux de certains des portefeuilles ambulants. Bien sûr, ce n'est qu'une impression et je ne peux pas affirmer avec certitude que c'était le cas, mais nous avions été arrêtés une fois dans un village par un jeune qui nous a demandé si nous parlions francais. En pensant pouvoir échanger un peu, nous nous étions arrétés mais la conversation a vite tourné court quand il nous a directement demandé si nous avions des cigarettes, puis sa mère et sa soeur nous ont réclamé du chocolat ou des bonbons. Nous n'avions rien de tout cela et nous fûmes surpris de voir que la première boutique 5 km plus loin proposait tout cela. Si ils nous les demandaient c'est tout simplement qu'ils ne pouvaient vraisemblablement pas se les payer.

Oroshaza---Arad---303.JPG Mais les derniers kilomètres avant Pitesti, nous avons percu de droles de regards dans les yeux des gens au bord de la route.
Alors que je roulais devant, j'ai vu un enfant ramassé une poignée de gravier et faire mine de les lancer. Sa mère d'un mouvement de bras l'en a empéché. J'ai alors rapidement pensé à une simple bêtise, provocation d'enfant et puis vient le tour de Dagmar de passer devant ce groupe et là, c'est la mère qui lui jetera un bâton.

Heureusement plus d'incompréhension que de mal, une petite marque sur la cuisse et rien de bien méchant mais juste un geste que nous n'expliquons pas vraiment.

Nous traversons donc Pitesti en ralongeant notre parcours de 20 km pour rejoindre Topoloveni... Là encore, nous arrivons et ne trouvons rien de bien sympathique à cette ville alors nous décidons de pousser jusqu'à Gaesti encore 20 km plus loin et où nous arriverons à 19h30.

Entre temps, alors que nous faisons une pause quelques km avant notre destination, un cyclo polonais s'arrête afin d'échanger quelques infos avec nous... Il vient de faire 125 km et pense en faire encore 30 !! Déjà impressionnant, mais pour nous rassurer nous tombons d'accord Dagmar et moi sur le fait que quand on est seul, on a rien d'autre à faire que de rouler jusqu'à ce que la nuit tombe !

Il est chargé comme une mule, et nous indique que cela fait maintenant 50 jours qu'il est parti et qu'il est sur le chemin du retour après être parti de Pologne pour traverser la Russie, l'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie, puis ensuite la Hongrie et la Slovaquie !!! Il en est déjà À 5000 km ! Polyglote, il s'arrange pour planter sa tente chez les habitants...
Comme il lui reste des km pour ce soir, notre rencontre se fait brève. Nous lui souhaitons bon courage pour la suite, car il veut lui aussi monter au col d'où nous venons mais dans ce sens là, je ne le recommenderais pas...

Nous repartons donc à notre tour et partons à la recherche d'une chambre d'hôtel. Chose qui va se révèler être une vraie galère pour les mêmes raisons que celles qui nous ont empéchés de trouver un restaurant à midi. Touutes les chambres sont réservés en raisons des nombreux mariages ce samedi.

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Après avoir traversé plusieurs fois la ville, nous voilà, sur les indications de 2 pompistes au premier abord peu coopératifs, sur la route de Dragodana où nous sommes censés trouver de quoi dormir.
La route est plus longue que prévu, on commence à se dire qu'il va falloir planter la tente dans les bois quand nous apercevons enfin l'hotel.
Malgré 2 mariages simultanés dans les lieux, ils ont encore une chambre pour nous et le restaurant est même encore ouvert. Juste, il ne faut pas être pressé puisque les mêmes serveuses s'occupent du restaurant et du service dans les 2 salles de mariages.

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