Nous avons donc revu notre parcours. Nous prévoyons maintenant de monter au lac. Pour cela, nous prendrons des petites routes (chemin ? Suprise surprise !! comme toujours avec ces cartes et le
réseau routier roumain) sur une cinquantaine de kilomètres, puis nous bifurquerons sur la route du col.
Alors que les premiers km sont plutot tranquilles, malgré des côtes de quelques kilomètres, nous finissons par sortir d'un village au bout duquel le goudron fait brusquement place à un sentier
caillouteux.
Peu importe, nous avons vu pire et avancons...
après quelques centaines de mètres, le sentier disparait pour laisser place à un champ sur lequel on distingue un chemin... en effet, sur un ou parfois 2 metres de large, l'herbe est d'une
couleur différente.
Après avoir dérangé un cochon en liberté qui mangeait des fruits sous un arbre, nous apercevons un groupe d'individus récoltant des prunes.
Ayant des doutes certains sur l'authenticité du chemin que nous parcourons, nous leur demandons la direction et ils nous indiquent, rigolards, que nous sommes bien sur le bon chemin et qu'il nous
reste 5 bon km !
Nous attaquons la côte. Les 10 premiers kilomètres sont en faux plat et les montagnes donnent la désagréable impression de reculer au fur et à mesure que l'on avance jusqu'à ce que
soudainement, elles se figent, comme si elles étaient enfin prêtes à nous laisser les défier.
si je fais ici un peu de lyrisme, c'est pour mieux vous retranscrire le côté héroique de l'épopée que fût cette ascension. Nous en plaisanterons peut-être dans quelques années, quand les
cols de 2000 mètres seront pour nous devenus habituels, voire petits, mais pour une première, nous sommes assez fiers !
Nous apercevons comme sur la plupart des routes, les bornes kilomètriques : Balea Cascade 12 km, Balea Lac 25.
Là commence la vraie ascension, nous avons une moyenne de 6,5 km/h. Dans la tête, on se dit qu'il faut y aller lentement, prendre son temps, que dans 2 heures on est à la cascade.. mais au bout
de 4 km, on a les jambes en feu, la fatigue d'avoir roulé dans les champs et les chemins se fait douloureusement sentir.
Alors on fait une pause, on repart, on se met à compter les centaines de mètres, on scrute le bord de la route pour apercevoir les bornes, chaque centaine de mètre est déja une victoire, mais le
temps passe, et l'idée que nous pourrons arriver en haut s'efface lentement et la pensée de bivouacquer à la cascade nous parait beaucoup plus raisonnable.
D'ailleurs, quelques centaines de mètre avant la cascade, on peut enfin apercevoir le sommet qui était jusque là caché par les arbres.
Mon dieu ! On en a fait la seulement la moitié et la suite parait maintenant interminable et le col un objectif inateignable !
C'est clair nous planterons
la tente à la cascade, au bord du torrent.
Mes tentatives pour faire un feu potable seront vaines. Nous irons nous coucher à 21heures.
L'humidité du torrent conjuguée à l'altitude ainsi qu'à notre équipement de campeur du dimanche me feront passé la nuit la plus fraiche de ma vie.
Alors que Dagmar se couche avec deux épaisseurs de pull, de chaussettes et de pantalons, je me moque un peu d'elle. Mais la prochaine fois, je mettrai aussi un deuxième pull ! Le pantalon de Kway
par-dessus le survetement, ca va, mais il a fallu que je dorme avec un t-shirt sur la tete, faute de bonnet.
Au milieu de la nuit, notre tente est encore à moitié effondrée, mon duvet est trempé d'humidité. Je m'active pour arranger tout ca et Dagmar dort imperturbable, bien emmitouflée.