Deva - Sebes

Publié le par Guillaume & Dagmar

Voici une étape que je pourrais passé sous silence tellement elle est peu reluisante pour nous !
Nous sommes partis très tôt et avons roulé très longtemps sur une route groudronnée, quasiment déserte et sur laquelle nous nous sommes fait un plaisir de rouler vite.
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Nous avons terminé par environ 25 km de chemin, le long d'une rivière. Nous avons d'ailleurs eu des compagnons de route : un couple de jeunes sur un seul vélo, qui revenait de la pêche, la fille étant assise en amazone sur la barre du vélo alors que le garcon tentait d'éviter les trous du chemin. Nous nous sommes mutuellement doublés de nombreuses fois, à chaque fois en lancant un 'ciao', pensant laisser nos éphèmères compagnons sur place.. tout cela était bon enfant et était ma foi, très sympathique.

Pour les 10 derniers km pour entrer dans Sebes, nous n'avons pas trouvé la route et avons emprunté un chemin caillouteux et pentu qui nous a vite fait oublier notre décontraction...

Comme à Deva, bien que la ville soit beaucoup plus petite, nous trouvons un motel à la sortie en bord de nationale. Cette journée encore, nous sommes lentement montés en altitude, sur de longs faux plats, en bordure de rivière. Il est encore tôt, mais continuer ne servirait à rien puisque le prochain endroit pour dormir est au moins à 50 km.

Nous partons alors en ville. Comme nous n'avons pas pris tout notre argent et qu'un resto nous ferait du bien, nous partons retirer de l'argent...


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Je ne sais pas comment expliquer qu'à deux devant le distributeur, nous avons trouvé le moyen en se divertissant l'un l'autre, d'oublier notre dernière carte bleue dans la machine !!!! Vous expliquer que les automates ne fonctionnent pas excatement comme chez nous ne nous dédouanneraient pas beaucoup.

Parmi les nombreuses personnes à qui nous avons raconté cette mésaventure, ce sont nos parents respectifs qui ont été les plus francs et cela à donner côté francais : 'vous etes niais, faut vraiment être con' (Merci papa) et côté allemand : ''Ihr seid bescheuert'' ( ce qui revient sensiblement au même)


Nous avons immédiatement appelé le numéro indiqué. D'ailleurs, j'ai oublié de vous dire que quelque part entre Caprioara et Deva, une sorte de pate à tartiner au fromage avait, sous l'effet de la chaleur, fondu, et le pot, à force de subir les chocs dûs à la mauvaise qualité des chemins, s'était ouvert et avait laissé se déverser le liquide fromager sur notre unique téléphone portable, le mien.


Pour résumer, le fromage sous les touches et l'écran avait povoqué quelques court-circuits et malgré le démontage, séchage, il était trop tard pour récupérer le fidèle compagnon de ces dernières années...

Donc, avec notre carte téléphonique, à crédit limité, nous appelons la hotline qui se veut rassurante et nous indique qu'il suffit de retourner à la banque le lendemain et tout devrait rentrer dans l'ordre.
Cela semble calmer Dagmar et me rassure un peu, mais je préfère ne pas dire que tout cela me paraît trop facile. Pour avoir un peu de famille dans la banque :-)  il me semblait que celle-ci n'avait pas le droit de nous la rendre aussi facilement... Je préfère ne rien dire et attendre le lendemain.

Nous rentrons alors silencieusement à l'hôtel, refusant d'évoquer l'hypothèse de nous retrouver au milieu de la Roumanie avec un minimum d'argent, en tout cas pas suffisament pour vivre décemment jusqu'à Bucarest.
Nous boirons quelques bières de plus que prévu ce soir là...

Le lendemain, à la première heure, nous nous rendons à la banque, le responsable nous explique qu'il n'a pas le droit d'ouvrir l'automate, que de toute facon, nous ne pourrons la récupérer que le lendemain... Mais après notre insistance et quelques coups de fil à ses responsables, il finit par nous demander de lui faire parvenir un mail ou un fax de la part de la banque de Dagmar, justifiant qu'ils sont autorisés à nous rendre la carte et alors nous pourrions théoriquement la récupérer à 16 heures.

Cela ne nous enchante guère. J'ai oublié de vous dire : Sebes : c'est mort, et peu attractif, c'est bien pour y passer une nuit, mais une journée, non merci !

Il nous faut trouver les bons numéros de tel, et comme nous préfèrons pour le moment taire cette histoire, nous voilà parti à la recherche d'un café internet. Chose peu évidente, mais que nous finirons tout de même par réussir, après une bonne heure de recherche, les employés de la banque refusant de nous donner accès au net à partir de chez eux.

Nous notons les bons numéros et achetons une nouvelle carte téléphonique. Nous devrions commencer à compter notre argent et éviter les dépenses superflues, c'est à dire autre que nourriture et couchage, mais il le faut  !
Il est important de préciser que la banque de Dagmar est une banque internet, sans guichet, sans agence...
Là commence alors un parcours méandreux au sein des différents services de sa banque, passant d'interlocuteurs en interlocuteurs, à qui il nous faut raconter 10 fois notre problème. Après avoir épuisé une première carte téléphonique, notre dernier interlocuteur nous annonce alors que nous écoutons les bips indiquant la mort prochaine de nos crédit : ''J'ai bien compris votre problème, mais je ne suis pas sur d'avoir le droit d'envoyer un fax !- puis BIP ! BIP ! BIP !

Bref, à ce moment là, c'est un peu la désillusion. Faut-il racheter une carte ? À chaque appel, nous tombons sur un nouvel agent  ! Faut-il rentrer à l'hotel pour leur demander de nous rappeler ?

Nous pensons faire ca, mais sur le chemin, nous repassons devant cette agence de la BCR (Banca Commerciala Romana). Dagmar qui n'abandonne jamais décide d'aller insister et cela s'avérera payant.
Voyant qu'il ne pourra pas se débarrasser de nous, et comprenant qu'il nous est impossible de contacter notre banque, il nous demandera de signer une décharge comme quoi nous avons repris la carte. Une copie de passeport plus tard, nous partons récupérer la carte qui a été emmenée dans l'agence principale de la ville.

Ouf !

Mais nos histoires d'argent ne s'arreteront pas là. En effet, lors de notre connexion internet, Dagmar s'est rendue compte que l'argent que son frère devait lui virer après notre aventure à Gyor et le vol de ma carte, et bien, cet argent n'est jamais arrivé. Nous sommes dans le rouge. Il va donc falloir économiser quelques jours le temps qu'un nouveau virement arrive !

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Sebes le soir au soleil couchant...  Un superbe souvenir que cette ville grise !

Publié dans Deva - Sebes

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le bohec 19/02/2010 18:28


je ne c'est que dire de votre expérience qui a du etre bien et a la fois semée de suspence et de rebondissement .j'aimerai pouvoir faire comme vous . faire ce voyage a travers les pays .