Arad -Caprioara

Publié le par Guillaume & Dagmar

 

Je me souviens avoir dit à Dagmar qui comme je l'ai dit, était vraiment heureuse d’avoir enfin atteint la Roumanie, que même si j’étais content d'y être, pour moi, cela voulait aussi dire que ce n'était que le début de la galère. Je n’ai pas dit ‘emmerdes’ mais galère voulait en fait dire 'probables emmerdes'
Arad---Caprioara---10.JPGMais bon, personne ne m’a forcé à venir et puis je suis venu ici pour y vivre quelque chose plus que pour simplement y faire du vélo.

Et question d'y vivre quelque chose, cette première étape 100% roumaine va contenter mes attentes !

En fait, il ne nous est rien arrivé de particulier cette journée là mais ce fût tout simplement notre premier contact avec la campagne roumaine profonde. Celle où les routes ne sont pas goudronnées, où les chemins qui relient 2 villages sont complètement défoncés, où la volaille (oies, canards, poules, dindons, etc.) se promène en liberté au milieu des hameaux...


(ici, la première 'petite' ville : Lipova avec son marché noir dans le coffre des voitures)

Les hameaux justement, les maisons tiennent encore debout, mais nous sommes parfois surpris de voir des rideaux aux fenêtres de ce qui ressemble plus à des ruines qu'à autre chose.

Je pense qu'on connaît tous un peu ça. en France, quand on va à la campagne dans un village un peu isolé, il existe toujours une ferme à l'écart où subsistent encore dans la cour quelques bouts d'épave de voiture, des pneus qui traînent de-ci de-là, des outils agricoles sales ou rouillés, un véritable bric-à-brac de choses usées qui attendent qu'on leur trouve un nouvel usage. Tout cela donne une impression de saleté qui vient surtout du fait que les habitants ont plus à faire dans les champs ou avec les animaux qu'à nettoyer devant la porte de leur grange.
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Et bien dans cette campagne roumaine où peu de touriste doivent mettre les pieds, c'est un peu comme si il y avait des villages entiers de ces fermes là... Les villages sont la plupart du temps conçus tout en long, parfois étalés sur plusieurs kilomètres. Derrière chaque maison, un bout de jardin.

Certains villages semblent vraisemblablement vivre en autarcie ou presque. Des puits devant chaque maison et parfois dans certains villages, des tuyaux jaunes fraîchement installés nous font penser que certains endroits reculés n'ont pas l'eau courante ou alors viennent juste de se la faire installer.

Tout cela n'est pas vraiment dérangeant, ce qui parfois est étonnant (pour ne pas dire perturbant), ce sont les habitants de ces villages.
C'est l'été, vacances scolaires obligent, nous rencontrons beaucoup d'enfants et aussi énormément de vieux, assis devant leurs portes, sur un tronc, ou une pierre, dans le meilleur des cas, une chaise. Il sont là, chacun devant leur maison, parfois regroupés entre voisins, un petit groupe de 2 ou trois.

Nous les saluons tous et ils nous répondent quasiment tous avec la main, ou en esquissant un geste et un sourire. La plupart des anciens n'ont plus de dents ou juste quelques unes, Quant aux jeunes, passé 25 ans, il leur en manque déjà parfois une ou deux.


C'est ainsi que nous traversons une douzaine de villages ce premier jour, avec à chaque fois l'envie de prendre des photos des gens, des maisons, de faire des vidéos... Mais nous avons souvent l'impression que les habitants nous regardent comme des phénomènes de foire, avec nos vélos peut être un peu trop rutilants, nos casques et les toiles fluos qui protègent nos bagages de la boue et parfois de la pluie.
Et puis traversé un village, la caméra à la main ne me tente pas du tout, je trouve que ça donnerait un petit côté ''Safari en Roumanie'' qui ne me plaît pas.
Du coup, je ne prendrais ce jour là qu'une vidéo, alors que le temps se gâte et que tout le monde est rentré chez soi, sauf nous deux qui avons encore une quarantaine de km à faire. Alors que nous traversons un village désert et que seul quelques oies traînent encore dehors.

 

 


Un peu plus tard, nous prendrons effectivement un peu de pluie, mais rien de bien long ni bien méchant.

Nous nous rendons compte ce jour là qu'il va être difficile de trouver une pension alors nous décidons de nous rendre à Savarsin qui propose vraisemblablement un camping. C'est une petite ville située dans la vallée que nous suivons, mais de l'autre côté du fleuve...
Il commence à être tard, environ 19 heures, et un bon orage se prépare. On commence sérieusement à se dire que l'idée de camper n'est pas la meilleure qu'on ait eu, surtout avec notre équipement de piètre qualité.
Quoiqu'il en soit, on a peu de chance de trouver une pension ou un hôtel dans le coin où on se trouve... Alors qu'on arrive au pont pour se rendre à Savarsin, nous tombons de notre chaise, enfin de nos selles, enfin, façon de parler... C'est à dire que le pont est bien là, mais il n'en reste que l'armature métallique. Le tablier a disparu, et puisque le pont rend quand même service, ils ont eu la bonne idée de tendre des planches entre les poutres métallique.

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J'ai regretté tout le long du voyage de ne pas avoir sorti l'appareil photo ce moment là. Sur le coup, on ne rigolait pas trop. Des jeunes qui trainaient par là ne comprenaient pas notre appréhension à traverser le pont sur des planches un peu trop souples à mon goût avec nos vélos et nos bagages...

C'est clair, il aurait fallu faire plusieurs aller-retours, d'abord avec les bagages, puis ensuite avec les vélos, mais on n'était que moyennement emballé par l'idée. Je pense que seul, avec mon vélo, j'aurais au moins tenté de le traverser une fois. Mais là, le vélo n'est pas le mien, et surtout Dagmar a le vertige, donc, l'entreprise est compromise. 50 mètres sur des planches souples juste posées, même pas fixées, avec une largeur de chemin d'au mieux 80 cm, ça n'est pas engageant surtout quand on a déjà 95 km dans les jambes.

(Le pont ressemblait un peu à celui là, mais sans tablier !)




On est à ce moment quelque peu dégoûté car il se met à pleuvoir, qu'il fait très sombre et qu'on ne sait pas où dormir...
On décide alors d'avancer en se disant qu'on trouvera bien un bout de forêt, ou un abri sous lequel on pourra poser la tente.

Un miracle est alors survenu ! Dans le village suivant, nous apercevons un panneau ''pensiunea''. Des gens nous indiquent qu'il faut monter sur le flanc de la colline et qu'à la sortie du village se trouve la pension.
Le village est comme les autres. Le chemin est défoncé, la volaille, malgré la pluie traîne encore un peu dehors...

C'est alors que nous tombons sur la-dite pension : une villa avec des cabanons super bien aménagés. Tout à notre joie de trouver quelque chose de si incroyable dans cet endroit accessible pas aucune route goudronnée sur plusieurs kilomètres, nous demandons une chambre sans poser aucune question de prix.

Caprioara---Deva---172.JPGLa facture sera salé pour l'endroit dans lequel nous nous trouvons : 70 euros avec le repas du soir et le petit déjeuner.

Vu le luxe relatif des équipements ( serviettes, savons, ... à disposition) c'est certainement le prix que nous aurions payé aux abords d'une grande ville, mais vu le trou dans lequel nous étions, cela est un peu exagéré.
Toutefois les BMW et autre Porsche Cayenne garées devant la maison auraient nous mettre la puce à l'oreille.

Peu importe, nous ne pouvions de toute manière pas faire autrement !




Les autres locataires sont chaleureux et parlent anglais, allemands ou espagnol si bien que nous pouvons échanger un peu avec des roumains, qui nous parlent de leur pays et nous donneront quelques conseils pour notre tour et quelques infos pour comprendre la Roumanie.

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