Oroshaza - Arad

Publié le par Guillaume & Dagmar

Si tout va bien, on devrait ce soir être en Roumanie.


Nous sommes un peu pressés de rejoindre la frontière et sans détour aucun, nous roulons rapidement sur les grandes lignes droites cernées de tournesol ou de mais…

Première remarque, dans ce coin là de la Hongrie et ceux depuis la veille, nous voyons énormément de parcelles de mais avec des affiches Pioneer ou d’autres fabricants d’OGM. Il y en a vraiment partout, c’est assez incroyable.

Deuxième remarque, les routes sont toujours aussi droites. Je sais, je me répète, mais c’est un peu pénible à la longue.
Oroshaza---Arad---294.JPGTroisième  remarque, on observe aussi dans cette partie du pays, des pompes à pétrole. Effectivement, après une brève recherche sur le net, le trajet que nous empruntons entre Oroshaza et Batoonya, la ville à la frontière roumaine, passe au travers de plusieurs concessions d’extractions de pétrole.

Nous n’en avions jamais vu en vrai, seulement dans le générique de Dallas… mais on n’a pas vu de JR hongrois sur le chemin.


Dernière remarque : les routes sont plates et droites et on en voit que du mais même pas 100% naturel et de temps en temps une pompe....


Après avoir dépensé nos derniers Forints quelques kilomètres avant la frontière, nous arrivons au poste de douane.  On se rend tout de suite compte de la différence. A chaque fois que nous avons traversé la frontière hongroise, il y avait un contrôle de papiers avec des gens pas vraiment souriants voir limite qui faisaient la gueule afin de donner l’impression que le passage de l’autre côté n’est pas automatiquement garanti…

Ici, au vu des douaniers appuyés nonchalamment sur une barrière, souriant et prenant nos passeports en continuant de discuter entre eux, on s’aperçoit de la différence de mentalité.


Que ce soit dit : la Roumanie est un pays latin. D’ailleurs deux kilomètres plus loin, on aperçoit un troupeau de moutons qui dort à l’ombre des arbres bordant la route… un peu plus loin, le berger dort aussi avec son chien, à l’ombre… Ben oui, effectivement, il est 14h30, c’est l’heure de la sieste !


Toute heureuse d'avoir enfin franchi la dernière frontière, Dagmar commence à chanter et à sauter sur son vélo comme si elle était arrivée... soit, c'est vrai que ça fait plaisir, mais de là à chanter...

Oroshaza---Arad---296.JPGIl nous reste une trentaine de km avant Arad, ville de 170 000 habitants. Nous avons prévu de la rejoindre par la nationale qui offre le tracé le plus direct. On ne se rend pas vraiment compte à ce moment là ce qu’est une nationale roumaine ! Comme il n’y a que très peu d’autoroute, et essentiellement autour de Bucarest, tout le trafic emprunte ces routes là.

Le respect des limitations de vitesse, des distances de sécurités et l’usage du klaxon sont des choses très particulières ici. Alors que nous arrivons dans Arad, nous sommes un peu dégoûtés de cette première expérience sur la nationale.



Mais nous avons déjà vu des choses qui seront typiques tout au long de notre parcours au travers du pays : des vendeurs de légumes, de fruits, de tapisserie, ou de foin au bord de la route. Le plus étonnant fût en effet cette Dacia (la R12 roumaine) entièrement remplie de bottes de foin.



Sur la grande avenue à l'entrée de la ville, en fait le prolongement urbain de la nationale (il n’y a pas de contournement des villes, sauf peut-être à Bucarest), nous repérons un magasin de vélo. Nous regrettons maintenant de ne pas avoir pris de photo tellement cette expérience fut étonnante. Le magasin était plus un atelier qu’une boutique. Le concept du rangement me faisait penser à ma manière très personnelle de trier mes papiers, c’est à dire tout rassemblé, empilé, mais un peu éparpillé tout de même pour avoir chaque chose sous les yeux en un clin d’œil. (ceux qui savent comprendront).

Oroshaza---Arad---304.JPG

Le patron porte un marcel blanc, enfin gris-noir de cambouis, mais la couleur originelle devait être le blanc. Son marcel laisse découvrir son nombril et son ventre bedonnant. Très grand et large, mais bien moins gros que son collègue assis sur une caisse, qui lui doit faire plus de 160 kilo, notre réparateur porte un œil de verre et parle aussi bien l’allemand que le français, l’italien et quelques mots d’anglais. Il nous parlera quelques peu, nous apprendra des rudiments de roumain pour au moins pouvoir être poli avec les gens à qui nous demanderons notre route.

Quand Dagmar lui annonce que nous venons de Vienne et que nous allons à Bucarest, on lit l’étonnement dans son regard et s’empresse de la traduire à son collègue qui sourit. Ils doivent nous prendre pour des fous.





Alors qu’il finit de réparer le pneu, il nous indique que le magasin était normalement fermé, mais que bon, il laisse la porte ouverte au cas où. Nous lui demandons combien nous lui devons pour la demi-heure de boulot et je ne sais pas si il voulait récompenser le courage ou la folie, à ses yeux, d’entreprendre ce voyage, mais il nous indique qu’il refuse qu’on le paye et nous souhaite bonne route ! DRUM BUN !

Publié dans Oroshaza - Arad

Commenter cet article