Mercredi 22 août 2007 3 22 /08 /Août /2007 20:03

Il est 14 heures, nous avons la carte, nous avons encore 70 km pour rejoindre Sibiu, mais nous avons là un moral d'acier et nous sommes de super bonne humeur !

Toujours décidé à ne pas rouler sur la nationale, malgré l'heure avancée, nous prenons des routes connexes qui rallongent les distances, mais peu importe.
Nous montons nos premieres vraies côtes : 4 kilomètres d'ascensions quand, une fois en haut, un orage éclate violemment.
On en voit pas à 30 mètres tant la pluie est dense et l'eau coule dans nos yeux.
La route est particulièrement mauvaise dans la descente.
Nous roulerons ¾ d'heures sous une pluie battante jusqu'à trouver refuge dans un village.
Nous allons nous réchauffer dans un bar, bizarrement installé dans la cave d'un bâtiment. 3 jeunes jouent au billard dans le noir. Le patron nous dira 3 mots d'allemand : ''Entschuldigung : kein Strom'' (désolé par de courant).

Sebes---Sibiu---316.JPG Les jeunes nous regardent tout en continuant leur partie de billard en aveugle.
Les toilettes de l'endroit sont certainement le truc le plus sale que j'ai vu de tout le voyage, et le patron nous fait payer le prix fort pour 2 cappucinos en poudre. Peu importe, disons qu'il a appliqué le prix ''touriste'' et vu la pluie au dehors, disons le prix comporte le droit de rester au chaud et au sec.

L'orage passé, nous repartons. Alors qu'il faisait frais à cause de l'orage, le soleil revient soudainement et la chaleur humide est presque désagréable, d'autant plus que les chemins sont maintenant détrempés et nous avancons péniblement dans la boue, en tout cas, au prix d'un gros effort. Les chemins légèrement sablonnaux dans cette endroit nous donnent l'impression de rouler sur une plage, là où les vagues viennent mouiller et tasser vaguement le sable.

Après quelques accélérations difficiles dans ces chemins, mais nécessaires à cause des chiens, nous arrivons à Amnas.
Encore une fois, c'est un village tout en long où nous sommes supposés bifurquer. Il est toujours difficile de savoir où il faut tourner puisque le village indiqué par un point sur la carte ne correspond pas vraiment 2 kilomètres d'alignement de maison que nous voyons. Alors que nous arrivons à une fourche (un croisement net à angle droit serait trop facile) nous demandons alors notre chemin pour aller à Mag. Une femme nous indique alors une direction : celle de la rue qui monte.

 



Nous reprenons notre soufle car depuis Sebes, nous montons lentement mais surement et l'action conjugué de ces longs faux-plats et des chemins très lourds nous a cassé les jambes.
Alors que nous sommes là, j'entends la femme et un homme discuter. Je crois comprendre que l'homme demande ce que nous voulons, et la femme répondre quelque chose avec 'Mag' et elle termine en rigolant.
Nous comprendrons plus tard qu'elle s'est bien foutue de nous.

Nous voilà donc parti, le chemin qui monte est non seulement mauvais mais a une pente qui devient vite douloureuse pour les cuisses. Après une montée droite et violente, le chemin se met a dessiner des lacets interminables. Il nous faudra nous arrêter plusieurs fois et je pousserais meme mon vélo sur quelques dizaines de mètres alors que Dagmar refusera obstinément de le faire..




Sebes---Sibiu---324.JPG

Une fois en haut, nous avons une vue magnifique. Nous sommes sur un plateau avec les premièrs sommets des carpates à l'horizon.

Nous roulons encore quelques kilomètres et rejoignons anormalement la nationale sans jamais avoir vu Mag. Nous demandons alors notre chemin et comprenons la mauvaise blague. Pour Mag, il faut tout redescendre et prendre l'autre chemin dans Amnas !






Sebes---Sibiu---326.JPG


Pas question, il commence à être tard et nous nous décidons à prendre la nationale sur une vingtaine de km jusqu'à Sibiu.


Le point positif, c'est que la route est large, qu'il existe une sorte de bande d'arrêt d'urgence ou de voix pour les véhicules lents dans les montées..





Nous finirons par atteindre Sibiu en 20 km de route rapide au lieu des 30 ou 35 de chemin boueux. Finalement, cette méchante blague nous aura permis d'avoir un panorama magnifique, de croiser quelques ânes, et surtout d'arriver à Sibiu avant la nuit.

Sibiu est la capitale européenne de la culture 2007. Cela signifie que cette ville magnifique accueille cette annéee de nombreux touristes et propose de nombreuses attractions culturelles comme un concert de métal le soir ou nous arrivons !!!

C'est une ville idéale pour faire notre journée de pause, d'autant plus que Dagmar connait ici une amie que nous allons pouvoir rencontrer et qui va, avec son ami, nous faire changer notre idée de fin de parcours pour nous rendre à Bucarest.
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Sebes - Sibiu
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Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 21:01


Sibiu---332.JPG





Nous n'avons pas fait grand chose, mis à part passer du temps dans les cafés, les restaurants et quelques visites, dont celle d'une tour nous offrant un panorama sur la ville



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Cristina et Sebastian parlent un allemand impeccable, bien meilleur que le mien. Ils sont tous les deux musiciens et nous parlent de leur pays de manière intéressante.


Sibiu---342.JPG
Alors que notre prochaine destination devait etre Brasov, ils nous dissuadent en nous indiquant une route dans les montagnes : la route Transfagaras. Nous l'apprendrons plus tard, il s'agit de la plus haute route asphaltée de Roumanie avec un col à 2044 mètres.

Sibiu---347.JPG














Dans une exposition à ciel ouverte présentant des photos de la région, nous voyons qu'au niveau du col se trouve un lac qui serait l'endroit idéale pour camper.



Nous verrons le lendemain que cet objectif n'est pas raisonnable...

Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Sibiu
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 21:18

Nous avons donc revu notre parcours. Nous prévoyons maintenant de monter au lac. Pour cela, nous prendrons des petites routes (chemin ? Suprise surprise !! comme toujours avec ces cartes et le réseau routier roumain) sur une cinquantaine de kilomètres, puis nous bifurquerons sur la route du col.
Sibiu---Balea-Cascade---369.JPG

Alors que les premiers km sont plutot tranquilles, malgré des côtes de quelques kilomètres, nous finissons par sortir d'un village au bout duquel le goudron fait brusquement place à un sentier caillouteux.
Peu importe, nous avons vu pire et avancons...
après quelques centaines de mètres, le sentier disparait pour laisser place à un champ sur lequel on distingue un chemin... en effet, sur un ou parfois 2 metres de large, l'herbe est d'une couleur différente.






Après avoir dérangé un cochon en liberté qui mangeait des fruits sous un arbre, nous apercevons un groupe d'individus récoltant des prunes.

Ayant des doutes certains sur l'authenticité du chemin que nous parcourons, nous leur demandons la direction et ils nous indiquent, rigolards, que nous sommes bien sur le bon chemin et qu'il nous reste 5 bon km !

 


Nous continuerons ainsi jusqu'à voir la chaine de montagnes au loin, qui nous attend.. C'est impressionnant et sur le moment je me mets à douter du fait que ce soir là nous camperons au col !

Après quelques heures à faire du gymcana dans les chemins défoncés nous finirons par atteindre la route du col.
Première surprise, ce que nous avions mesuré être 20 kilomètres s'avèrent être 35 km !

Sibiu---Balea-Cascade---383.JPG
Comme nous prévoyons de camper et que nous ne comptons pas pouvoir trouver d'eau avant plusieurs dizaines de km après l'ascension, nous faisons le plein d'eau, histoire de corser l'ascension et de rajouter du poids !

 Nous attaquons la côte. Les 10 premiers kilomètres sont en faux plat et les montagnes donnent la désagréable impression de reculer au fur et à mesure que l'on avance jusqu'à ce que soudainement, elles se figent, comme si elles étaient enfin prêtes à nous laisser les défier.

si je fais ici un peu de lyrisme, c'est pour mieux vous retranscrire le côté héroique de l'épopée que fût cette ascension.  Nous en plaisanterons peut-être dans quelques années, quand les cols de 2000 mètres seront pour nous devenus habituels, voire petits, mais pour une première, nous sommes assez fiers !

Nous apercevons comme sur la plupart des routes, les bornes kilomètriques : Balea Cascade 12 km, Balea Lac 25.

Là commence la vraie ascension, nous avons une moyenne de 6,5 km/h. Dans la tête, on se dit qu'il faut y aller lentement, prendre son temps, que dans 2 heures on est à la cascade.. mais au bout de 4 km, on a les jambes en feu, la fatigue d'avoir roulé dans les champs et les chemins se fait douloureusement sentir.
  Sibiu---Balea-Cascade---387.JPG


Alors on fait une pause, on repart, on se met à compter les centaines de mètres, on scrute le bord de la route pour apercevoir les bornes, chaque centaine de mètre est déja une victoire, mais le temps passe, et l'idée que nous pourrons arriver en haut s'efface lentement et la pensée de bivouacquer à la cascade nous parait beaucoup plus raisonnable.

 D'ailleurs, quelques centaines de mètre avant la cascade, on peut enfin apercevoir le sommet qui était jusque là caché par les arbres.
Mon dieu ! On en a fait la seulement la moitié et la suite parait maintenant interminable et le col un objectif inateignable !





Balea-Cascade---Corbeni---440.JPG C'est clair nous planterons la tente à la cascade, au bord du torrent.
Mes tentatives pour faire un feu potable seront vaines. Nous irons nous coucher à 21heures.

L'humidité du torrent conjuguée à l'altitude ainsi qu'à notre équipement de campeur du dimanche me feront passé la nuit la plus fraiche de ma vie.

Alors que Dagmar se couche avec deux épaisseurs de pull, de chaussettes et de pantalons, je me moque un peu d'elle. Mais la prochaine fois, je mettrai aussi un deuxième pull ! Le pantalon de Kway par-dessus le survetement, ca va, mais il a fallu que je dorme avec un t-shirt sur la tete, faute de bonnet.

Au milieu de la nuit, notre tente est encore à moitié effondrée, mon duvet est trempé d'humidité. Je m'active pour arranger tout ca et Dagmar dort imperturbable, bien emmitouflée.




                                                             Sibiu---Balea-Cascade---393.JPG

Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Sibiu - Balea Cascade
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Vendredi 17 août 2007 5 17 /08 /Août /2007 21:42

Nous nous levons avec comme premier objectif d'arriver au sommet. Ensuite, nous prévoyons de redescendre dans la vallée. De longer un lac de barrage et d'atteindre Curtea de Arges.

Balea-Cascade---Corbeni---442.JPG

Les 13 premiers kilomètres seront infernaux !  Comme prévu.
En fait, nous partons lentement et calmement, fort de notre expérience de la veille, la précipitation n'apporte rien, nous savons que quoiqu'il arrive sur une bonne route, avec nos vélos, nous arriverons en haut. Tout est une question de temps.

Les 6 premiers km, autant dire la première heure, passe très vite, nous voici sur un plateau et face à nous la route en lacets qui serpente jusqu'au sommet.  

Il nous reste 7 km, et ils sont là face nous.

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Maintenant les voitures qui nous doublent ou que nous croisons klaxonnent toujours autant (depuis l'arrivée en Roumanie, dés que nous partageons notre route avec des voitures, nous sommes continuellement klaxonnés) mais certains ralentissent, tendent le pousse ou poussent des cris d'encouragement.

La veille, nous avons vu 2 autres cyclistes qui eux descendaient, mais nous sommes aujourd'hui les seuls à affronter la bête.

Je garde en souvenir un motard autrichien (qui de par son origine, doit s'y connaitre en route de montagne !) qui a ralenti devant chacun de nous, agitant son pouce en se retournant pour témoigner son respect pour ce que nous faisions.

Nous nous sommes bien sûr arrétés quelques fois, mais moins que la veille, disons environ tous les 3 km.
Arrivés en haut, c'est avec une joie partagée que nous franchissons les derniers mètres qui mènent à l'arrivée du téléphérique et qui signifient la fin de ses 25 km d'ascension.

Balea-Cascade---Corbeni---463.JPG
Nous passerons un peu de temps en haut, afin de prendre le temps d'observer le panorama et de nous préparer à redescendre.  Et puis nous aurons aussi notre berger mélomane pour apporter une petite touche d'authenticité dans cet endroit qui devient un haut lieu du tourisme dans le coin...

 



En fait, il ne s'agit pas d'un col comme on l'entend habituellement, il nous faut tout d'abord passer un tunnel pour apercevoir l'autre vallée.

Ce tunnel, long de 850 mètres n'est absolument pas éclairé et nos modestes loupiottes ne sont pas l'idéal car même si la route était jusque là la meilleure que nous ayons pu avoir, le revêtement dans le tunnel réserve quelques pièges que nous saurons heureusement éviter.

La descente :

Balea-Cascade---Corbeni---471.JPG


25 kilomètres de descente, tout d'abord en lacet, puis ensuite, à flanc de montagne, dans la vallée.
Le long du torrent, de nombreux campeurs sauvages profitent du soleil et de la nature (si on est capable de faire abstraction des tonnes de déchets laissés par les campeurs précédents)...

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        (vue de l'autre côté du col)


Nous arrivons enfin au lac de barrage. Notre première déception est que nous ne longeons pas vraiment le lac, mais que nous sommes sur une route forestière surplombant l'eau que nous apercevons de temps en temps.




Alors que nous pensions en avoir fini des ascensions, la route est continuellement en train de monter pour mieux redescendre. La mauvaise blague, c'est que nous n'avions pas compté que cela durait 30km ! C'est interminable, nous avons beau nous dire à chaque monté que c'est certainement la dernière et que ce sera toujours ca de plus à redescendre, chaque nouvelle côte nous mine un peu plus.



Balea-Cascade---Corbeni---484.JPG De plus, durant les 55 km depuis le sommet jusqu'au barrage, nous ne croiserons aucun village ou bar ou meme hameau, rien pour acheter de l'eau qui commence à manquer...

Ce qui nous préoccupe aussi, c'est que nous n'avons toujours pas retiré d'argent depuis Sebes et que nous ne ne savons pas si le virement est enfin arrivé.
Pour cela, nous voulons arriver à Curtea de Arges, premier distributeur depuis Sibiu.

Arrivés au barrage, nous revoilá à redescendre sans cette fois devoir remonter... Mais nous en avons plein les bottes...


Nous déclarons forfait et nous nous arrètons à Corbeni, dans une pension, chez une vieille dame qui sera toute contente que nous lui montrions les photos que nous avions prises de Sibiu et de la cascade .
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Balea Cascade - Corbeni
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 22:14

A peine levés, nous voulons vérifier que nous pouvons retirer de l'argent. Il nous reste un peu plus de 20 km à faire en léger faux-plat descendant avant le premier distributeur. Nous les ferons en 45 minutes. Nous roulons comme des fous. devant le distributeur, suspens...  Je crois que ni elle ni moi n'avons jamais été si content de retirer de l'argent !


Corbeni---Dragodana---200.JPG
Nous décidons de nous offrir un restaurant, car après 2 jours à manger des tartines de pain raci, nous commencons à avoir envie d'autre chose.


Le problème maintenant que nous avons de l'argent est que nous sommes samedi, après le 15 Aout, et que la Roumanie tout entière semble avoir décidé de se marier ce week-end là.

Tous les restaurants que nous trouvons sont complets ou réservé et nous finissons pas échouer dans une sorte de cafétéria peu alléchante.


Le reste du chemin se fera sur les routes. Nous avons l'impression, après cette étape de montagne, que nous avons maintenant tout ce que nous étions venu chercher et l'envie de traverser les villages isolés ne nous enchante plus guère et nous sommes pressés d'arriver à Bucarest.

(Ci dessous une charette à boeuf sur la nationale, sans aucun cadavre dedans.)

Corbeni---Dragodana---201.JPG
Nos hôtes de Caprioara nous avaient prévenus, dès que nous franchirions les Carpates, une fois côté Bucarest, ce ne serait plus la même Roumanie. C'est le cas. Tout semble un peu plus 'neuf' et propre. (toute proportion gardée avec ce que qu'on peut appeler neuf, puisque ici, il semble qu'ils soient passés experts dans l'art de faire du moins vieux avec du vieux). Peut-être aussi n'avons nous pas vu ''l'envers du décor'' en restant cette fois-ci sur les routes principales.

Une anecdote particulière : alors que nous roulons à la sortie d'une petite ville, après avoir vu un cortège pour un mariage, nous en doublons un autre avec une charette à l'arrière de laquelle se trouve quelque chose. Comme de nombreuses personnes suivent le véhicule et des enfants sont assis sur le bord de la 'remorque', je me demande
betement si il ne s'agit pas d'une coutume pour un mariage, mais la vue d'une vielle dame couchée sur des draps, les bras ramenés sur la poitrine, ainsi qu'un petit coup d'oeil en arrière pour apercevoir un groupe de mamies habillées de sombre me font comprendre que je viens de voir une morte sur le chemin du cimetière.


Corbeni---Dragodana---202.JPG Nous filons donc en direction de Bucarest, en essayant de nous en rapprocher le plus possible. Nous nous fixons des objectifs que nous allons à chaque fois repousser.
Tout d'abord Pitesti à 75 km de notre départ. Le guide indique : ville industrielle, sans aucun intérêt, et des commentaires du genre: ''s'y arréter éventuellement pour passer la nuit si pas d'autres solutions...'' Je caricature un peu, mais pour avoir traversé la ville en entier, je donnerais le même conseil. Rien à voir,  circulez
.
C'est pourtant à Pitesti, en y arrivant par les faubourgs nord qu'on fera notre seule expérience désagréable avec les autochtones.

Tout le long de notre périple, nous avons croisé des gens dont nous n'arrivions pas à interpréter le regard. Il est clair que maitriser la langue nous aurait aidé à comprendre un peu mieux ce qu'il pensaient. Nous avons parfois eu l'impression de passer pour des fous à leurs yeux ou bien et plus rarement, d'être aux yeux de certains des portefeuilles ambulants. Bien sûr, ce n'est qu'une impression et je ne peux pas affirmer avec certitude que c'était le cas, mais nous avions été arrêtés une fois dans un village par un jeune qui nous a demandé si nous parlions francais. En pensant pouvoir échanger un peu, nous nous étions arrétés mais la conversation a vite tourné court quand il nous a directement demandé si nous avions des cigarettes, puis sa mère et sa soeur nous ont réclamé du chocolat ou des bonbons. Nous n'avions rien de tout cela et nous fûmes surpris de voir que la première boutique 5 km plus loin proposait tout cela. Si ils nous les demandaient c'est tout simplement qu'ils ne pouvaient vraisemblablement pas se les payer.

Oroshaza---Arad---303.JPG Mais les derniers kilomètres avant Pitesti, nous avons percu de droles de regards dans les yeux des gens au bord de la route.
Alors que je roulais devant, j'ai vu un enfant ramassé une poignée de gravier et faire mine de les lancer. Sa mère d'un mouvement de bras l'en a empéché. J'ai alors rapidement pensé à une simple bêtise, provocation d'enfant et puis vient le tour de Dagmar de passer devant ce groupe et là, c'est la mère qui lui jetera un bâton.

Heureusement plus d'incompréhension que de mal, une petite marque sur la cuisse et rien de bien méchant mais juste un geste que nous n'expliquons pas vraiment.

Nous traversons donc Pitesti en ralongeant notre parcours de 20 km pour rejoindre Topoloveni... Là encore, nous arrivons et ne trouvons rien de bien sympathique à cette ville alors nous décidons de pousser jusqu'à Gaesti encore 20 km plus loin et où nous arriverons à 19h30.

Entre temps, alors que nous faisons une pause quelques km avant notre destination, un cyclo polonais s'arrête afin d'échanger quelques infos avec nous... Il vient de faire 125 km et pense en faire encore 30 !! Déjà impressionnant, mais pour nous rassurer nous tombons d'accord Dagmar et moi sur le fait que quand on est seul, on a rien d'autre à faire que de rouler jusqu'à ce que la nuit tombe !

Il est chargé comme une mule, et nous indique que cela fait maintenant 50 jours qu'il est parti et qu'il est sur le chemin du retour après être parti de Pologne pour traverser la Russie, l'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie, puis ensuite la Hongrie et la Slovaquie !!! Il en est déjà À 5000 km ! Polyglote, il s'arrange pour planter sa tente chez les habitants...
Comme il lui reste des km pour ce soir, notre rencontre se fait brève. Nous lui souhaitons bon courage pour la suite, car il veut lui aussi monter au col d'où nous venons mais dans ce sens là, je ne le recommenderais pas...

Nous repartons donc à notre tour et partons à la recherche d'une chambre d'hôtel. Chose qui va se révèler être une vraie galère pour les mêmes raisons que celles qui nous ont empéchés de trouver un restaurant à midi. Touutes les chambres sont réservés en raisons des nombreux mariages ce samedi.

Corbeni---Dragodana---205.JPG
Après avoir traversé plusieurs fois la ville, nous voilà, sur les indications de 2 pompistes au premier abord peu coopératifs, sur la route de Dragodana où nous sommes censés trouver de quoi dormir.
La route est plus longue que prévu, on commence à se dire qu'il va falloir planter la tente dans les bois quand nous apercevons enfin l'hotel.
Malgré 2 mariages simultanés dans les lieux, ils ont encore une chambre pour nous et le restaurant est même encore ouvert. Juste, il ne faut pas être pressé puisque les mêmes serveuses s'occupent du restaurant et du service dans les 2 salles de mariages.

Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Corbeni - Dragodana
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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 22:16

Dernière étape entièrement plate. Nous sommes dimanche et pressés d'arriver enfin à Bucarest. Comme une des rares autoroutes du pays fait sensiblement le même trajet que nous, la nationale est complétement dégagée et malgré notre décision du début, nous roulons toute la journée sur la nationale.
Dragodana---Bucuresti---225-copie-1.JPG
Seul problème, le vent. Nous avons un vent de face véritablement épuisant. Dagmar propose alors que nous nous relayions sur cette étape et je comprends alors ce jour là que je me suis bien fait avoir pendant 1100 km. Comme c'est agréable d'être derrière ! Nous nous relayons donc tous les kilomètres, chaque nouvelle bornes annonce successivement ou bien un kilomètre de repos ou bien l'assurance de ramer seul devant !

Les 20 derniers km sont de la 4 voies, mais nous n'avons pas l'envie du tout d'essayer de trouver des chemin de traverse nous faisant passer trop longtemps par la banlieue de Bucarest. Nous ne savons pas exactement à quoi nous attendre et la petite aventure à Pitesti nous a laissé perplexes.

Alors nous roulons sur la 4 voies. Cette fois nous nous faisons doubler par tous les fous du volant du pays. (en fait, je crois qu'ils ont juste tous dingos et que là on avait juste un échantillon représentatif !)

Dragodana---Bucuresti---226-copie-1.JPG Un policier en voiture nous dira vaguement quelque chose avec son haut-parleur, mais désolé nous ne parlons pas la langue... Il nous doublera et nous n'entendons plus parlé de lui.

Nous avons dans l'idée de trouver un hotel près de l'aéroport. En fait, il y en a deux à Bucarest, et nous devions voler à partir de celui qui est le plus dans le centre  (je dis nous devions, car German Wings nous a fait une blague en  nous envoyons un mail de dernière minute pour nous dire que finalement on partirait de l'autre aéroport ! Pas de bol, on avait pas nos Palm avec nous pour checker nos mails entre deux coups de pédale ! (Grrr)  cela nous coutera un petit stress le jour du départ puisque il nous faudra rejoindre l'autre aéroport, de nouveau sur une quatre voies, mais pas un dimanche !

Car c'est cela qui est bien ! nous entrons dans un Bucarest écrasé par la chaleur et quasiment vide. 
Après quelques tours et détours, nous ne trouverons pas d'hotel potable autour de l'aéroport, enfin, tous un peu cher et nous décidons alors d'aller dans le quartier de la gare nord.

Dragodana---Bucuresti---227.JPG

Après un essai dans un hotel indiqué dans un guide, nous finirons par atterrir à l'hotel IBIS qui est après notre périple un véritable luxe ! On est d'accord, ce n'est pas très typique, local, ou que sais-je encore, mais on s'est dit qu'un peu de clim, des petit-dej continentaux et un vraie salle de bain seraient agréables.

Le quartier de la gare est plus ou moins délabré mais je vous parlerais de la ville dans la partie suivante.

Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Dragodana - Bucuresti
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