Dimanche 2 septembre 2007
De retour de Roumanie nous n'avions qu'une envie, c'était de partager un peu cette experience, cette petite aventure  qui nous a conduit  des bords du Danube  à Vienne jusqu'a Bucarest en passant par les  plaines hongroises et  roumaines mais aussi par la route Transfagaras dans  les carpates.

Vous  trouverez ici  en plus de quelques photos , les anecdotes,  les pépins, les  joies et étonnements qui ont jalonné notre parcours.

Stuttgart---Wien---397.JPG

Nous sommes partis le 05.08.2007 et arrivés le 19.08.2007 après 1210 km, soit une moyenne journalière de 86 km. Nous aurons fait plus de  200 km dans des chemins parfois plus confortables que certaines routes, 6 km en plein champs, 25 km d'ascension lors de notre montée de col sur la route Transfagaras, perdu en plusieurs fois toutes nos cartes bleues, (nous en retrouverons une). Nous aurons aussi dit adieu à mon téléphone portable, crevé 2 fois, perdu 2 paires de lunettes de soleil (moi essentiellement), une pompe, une bâche plastique et peut-être d'autres choses encore...

 (On a préféré pas faire l'inventaire au retour)

Nous aurons pris le train en Hongrie, le bac 2 fois pour traverser le Danube, le bateau pour entrer dans Budapest et une barque de pécheur pour éviter 20km de détour.  Nous aurons aussi  essuyé des orages passagers les 4 premiers jours en Roumanie, profité des bains thermaux en Hongrie, vu des dizaines d'animaux écrasés, dont un cochon (!!) mais aussi des vivants, notamment des cigognes en pagailles, des chiens parfois gentils, souvent méchants, et puis quantité d'oies, de canards, dindons, vaches, chevaux, ânes, moutons et aussi même des cochons (vivant cette fois) au milieu des chemins...


Wien - Dunakiliti La première étape, traversée de Vienne le matin, route le long du Danube, passage à Bratislava, entrée en Hongrie, premières impressions 

Dunakiliti - Komarom
: étape 100% hongroises à travers nos premiers villages du nord-ouest du pays, premiers chemins, et surtout comment je me suis fait voler mon portefeuille à Gyor 

Komarom - Budapest : 55 kilomètres en  Slovaquie le long du Danube, passage à Eztergom et sa basilique, 20 km sur une île et entrée dans Budapest en bateau.

Budapest - Tizsakecske : 100 km en train jusqu'à Szolnok puis 50 en vélo pour rejoindre une petite ville thermale.

Tiszakecske - Oroshaza
: Etape nature ! Faute de pont, un pêcheur nous emmènera sur sa barque, premier orage au milieu du mais. Oroshaza, ville thermale.

Oroshaza - Arad : Les lignes droites interminables dans le mais, les pompes à pétroles et l'entrée en Roumanie

Arad -Caprioara
110 km dans la campagne profonde, chemins caillouteux, villages rustiques et isolés.  Un pont  détruit et  une pension grand luxe au milieu de nulle part

Caprioara -Deva étape agréable dans des vallées paisibles, encore des orages, arrivée à Deva, sa fête forraine, son motel au patron alcoolique.

Deva - Sebes  ou comment nous allons perdre (stupidement) puis récupérer notre dernière Carte Bleue

Sebes - SibiuEtape tropicale, mauvaise blague d'une habitante et une route que nous ne trouverons jamais.

Sibiu Une journée de pause (et oui, il faut bien) dans la Capitale Européenne de la Culture 2007

Sibiu - Balea Cascade des chemins, des pistes dans les champs, un col à 2000 mètres attaqué trop tard dans la journée, un bivouac humide et froid au bord d'un torrent

Balea Cascade - toujours un col à 2000 mètres (vous ne croyez pas qu'on a tout monté d'un coup quand même ?), une descente interminable, une route forestière de 30 km, un barrage et une vieille dame

Corbeni - Dragodana  le premier distributeur depuis 150 km et enfin autre chose à manger que des tartines, un coup de baton, 15 mariages, un enterrement et un polonais incroyable.

Dragodana - Bucuresti un vent de face, 20 km de 2x2 voies et l'entrée dans Bucarest vide et calme.



...Une visite en photo de Bucarest en cours de construction...

 

Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Intro et index
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Dimanche 2 septembre 2007

 Vienne


C'est parti  ! On ne sait pas où on dormira ce soir, tout dépendra de la forme et de notre envie de rouler. Peu importe...

Après une courte nuit de train, arrivés à 6h le dimanche matin à Vienne, nous passons faire un brin de toilette dans les lavabos de la gare. Ensuite nous devons tout d’abord traverser la ville pour rejoindre les bords du Danube.

C’est assez spectaculaire ! A cette heure là, les rues sont vides et nous ne croisons sur les premiers km que quelques passants dont la tenue, la démarche chaloupée et les yeux vitreux nous indiquent que la nuit viennoise est pour certains, bien arrosée.

On parcourt donc le centre ville entre monuments et terrasses de café qui vont la réputation de la ville… La capitale autrichienne est réputée pour sa douceur de vivre et toutes ses terrasses vides donnent envie.

Wien--Dunakilitil---419.JPG Nous traversons ensuite le parc central de la ville ou quelques joggeurs bien matinaux se réchauffent dans la fraîcheur.
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Je me fais alors la réflexion qu’il faudrait me payer pour aller courir si tôt un dimanche matin, mais je me rends compte que nous sommes certainement aussi fous qu’eux et que 1200 km nous
attendent…

On traverse enfin le Danube qui est naturellement bien plus large qu’à Ulm, seule autre ville dans laquelle j’avais pu voir ce fleuve que nous allons plus ou moins longer jusqu’à Budapest.

Après une vingtaine de km, nous nous perdons déjà et devons faire un détour de 4km pour ensuite tomber sur une déviation. Au total, nous aurons fait une dizaine de km de plus…


Sur le coup, c’est pas encourageant... si tous les 20 km, on en rajoute 10, on arrivera à Bucarest mi-septembre ! Les premiers km de pistes à la sortie de Vienne sont aussi assez étranges. Il s’agit d’une zone naturiste et malgré la fraîcheur matinale (il est à peine 9heures) certains sont déjà en place, sur leur serviettes, au bord de l’eau…

Notre premier objectif est Bratislava…

 
Il nous faudra toute la matinée pour y arriver, à rouler sur une longue digue droite coincée entre 2 forêts. Le premier contact avec la ville est peu enthousiasmant puisque nous n’apercevons tout d’abord que de grandes barres d’immeubles laides et qui dénotent subitement avec la nature tranquille des bords du Danube.

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Nous nous rapprochons puis passons la frontière slovaque et entrons tranquillement dans la ville… Comme souvent, elle se révèle beaucoup plus joli et agréable que sa banlieue ne le laisse présager.


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Nous avons faim, j’ai mal aux fesses, et la chaleur est accablante…

On décide alors d’aller s’allonger sur un petit bout de gazon non loin de l’ambassade américaine.

Un peu trop prêt d’ailleurs peut-être puisque de nombreux policiers patrouillent et 2 plus zélés que les autres nous invitent poliment et en allemand à aller voir 200 mètres plus loin si l’herbe est plus confortable ! Dommage, je commençais juste à m’endormir.

...Premier contact avec la Hongrie

Bref, après un peu de repos on ressort de la ville bien décidés à rejoindre la frontière hongroise. Pour cela, nous ferons une grosse vingtaine de km sur une autre digue, cette fois-ci goudronnée qui semble être le rendez-vous des patineurs slovaques. Le spectacle n’est pas décevant, les patineuses en maillot de bain sont une agréable compagnie même si je pense apprécier le spectacle plus que Dagmar qui profite de l’asphalte pour faire gonfler notre moyenne...

Nous arrivons enfin à la frontière hongroise et nous décidons que notre destination sera Dunakiliti.
Le premier contact avec les hongrois est difficile. Nous cherchons une pension mais la langue ne ressemble à rien de ce que nous connaissons et l’allemand, l’anglais ou encore moins le français ne nous permettent pas toujours de communiquer comme nous aimerions…

Après 125 km, nous finirons par trouver une chambre dans une pension. La femme parle allemand et fait semblant de tout comprendre mais son Ja-Ja agrémenté d’un sourire étrange me fait penser qu’elle bluffe ! Peu importe, nous déballons nos affaires, attachons les vélos et prenons enfin une douche avant de partir à la recherche d’un restaurant…

Première surprise, de notre balcon, nous avons une vue imprenable sur un de ces châteaux d'eau qui parsèment la campagne hongroise et plus tard aussi les environs de Bucarest. Chaque village hongrois a son clocher et son château d'eau !

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Chercher un restaurant un dimanche soir dans la campagne hongroise n’est pas une chose
facile. La bourgade étant tout de même assez importante, nous ne nous faisions pas trop de souci.,.. Nous aurions du !

Après une petite heure de marche et une bière bue dans un restaurant qui ne servait pas
à manger ce soir là (!!!), nous atterrissons dans un hôtel de luxe dont on se demande comment il a bien pu pousser dans cet endroit… Nous sommes les seuls clients du restaurant.

Un couple joue au bowling dans la pièce à côté. Je ne m’explique vraiment pas le pourquoi du comment de cet hôtel. Nous n’avons pas pris de photo de la ville, du coup, il nous est un peu difficile de faire partager notre étonnement. C’est peu important, des surprises, nous en aurons tous les jours. Celle-ci n’est que la première.
- Publié dans : Wien - Dunakiliti
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Samedi 1 septembre 2007
Dunakilitil----Komarom---233.JPG      Nous nous levons tôt, (un peu trop à mon goût d’ailleurs. Franchement, si c’est pour se lever plus tôt en vacances que pour le boulot !). Cela n’est pas important, il nous faut avaler les kilomètres sur les 3 premiers jours car nous voulons atteindre Budapest en 3 jours.

    Nous découvrons donc la campagne la campagne du nord-ouest de la Hongrie dans la fraîcheur matinale. On trouve des villages tous les 5 kilomètres où les gens sont pour la plupart à vélo pour aller faire leurs courses. Nous ne voyons que de vieilles bicyclettes usées et grinçantes.

    Les arrêts de bus sont pleins de gens qui attendent pour effectuer les trajets qu’ils ne peuvent pas faire à vélo. Bien sur, nous croisons quelques voitures entre les villages, mais les cyclistes sont nombreux.
(un exemple d'hotel grand luxe au milieu de la pampa)

    En tout cas, les gens ne sont pas plus surpris que cela de nous voir... dans cette partie là du pays, les nombreux affichettes ‘’Zimmer frei’’ (chambre libre) nous indiquent que les touristes autrichiens ne sont pas rares ! de plus comme nous suivons pour l’instant l’itinéraire des guides du Danube en vélo, nous ne sommes certainement pas les premiers à passer !

Dunakilitil----Komarom---235.JPG     Au bout d’une quinzaine de km, alors que nous sommes hésitant entre 2 routes, nous demandons à un homme dans son jardin, en treillis la route à suivre. Pour être sur que nous comprenions, il décide de nous ouvrir la route, sur 5 km avec son vieux vélo qui grince à chaque coup de pédale… Il tente bien de nous parler, mais à part faire des grimaces pour marquer notre incompréhension ou des signes du pouce en disant OK, la communication s’avère difficile…


    En tout cas, une fois arrivé au village suivant, il nous souhaite une bonne route et bifurque, continuant de pédaler les genoux écartés au maximum comme si il avait peur de salir son pantalon de jardinage.
Nous continuons ainsi notre route vers Gyor, sur des bouts de digues, des bouts de pistes cyclables et en tout cas, en pleine nature.


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    Gyor est la première grosse ville hongroise que nous traversons. Nous décidons de rentrer dans la ville pour aller manger un bout sur une terrasse du centre. L’architecture est soignée, rien à voir avec celle de la campagne plutôt grise et monotone. Ça ressemble un peu à Bratislava…


…ou comment je me suis fais volé mon portefeuille…

 

    Nous nous installons sur une terrasse en laissant nos vélos à 5 mètres de nous. Je prends bien sur mon petit sac à dos avec moi, pensant y avoir laissé mon portefeuille… Mais non, pas de vol, il est resté dans la sacoche avant du vélo… sacoche que je retrouve ouverte quelques minutes plus tard, sans le portefeuille… quelqu’un a quand même eu le culot d’ouvrir la sacoche à 5 mètres de nous pour fouiller dedans et nous voler… Je n’en reviens toujours pas de l’audace du voleur…
    Ensuite, on perd un peu de temps pour faire opposition de 2 Cartes de crédit. L’ambiance n’est pas au mieux… nous avions viré notre argent sur mon compte. Dagmar a donc elle aussi une carte de retrait mais un compte vidé. Il faut donc appeler sa famille pour que l’un d’eux nous fasse un virement. C’est pas grave, c’est juste désagréable quand ça arrive…


    Puisque nous avons perdu du temps stupidement, et que nous n’arrivons pas à trouver le chemin indiqué sur notre guide, nous décidons de rejoindre notre prochaine étape par la nationale… Celle-ci est interdite au vélo après quelques kilomètres. Nous décidons tout de même de suivre cette route pour un bout encore puis nous finissons par craquer et par bifurquer sur une route secondaire. C’est un détour mais rouler sur la nationale n’est pas vraiment de tout repos ni du tout premier intérêt.

    Nous bifurquons donc afin de rejoindre un village, d’y trouver de l’eau et une route, juste après la voie de chemin de fer qui devrait nous emmener à bon port avec moins de bolides nous doublant à 130km/h…
On a bien trouvé de l’eau, mais on a jamais trouvé la route… Après quelques kilomètres d’aller retour autour du village et du chemin de fer, on finit par arrêter un jeune sur un scooter qui nous explique que la route en question n’existe pas..

    Passé notre étonnement, d’avoir des routes qui n’existent pas sur notre carte, il nous dit que le seul moyen est de retourner sur la nationale, à 15 bons km de nous maintenant. Sur la carte, il est pourtant indiqué un itinéraire, via les routes ‘communales’… nous lui demandons si c’est pas mieux, et il nous répond, en nous montrant en champ labouré, que la route est mauvaise…

    Aucune hésitation, plutôt une route mauvaise sur 12 bornes que le retour sur la lointaine nationale.
D’ailleurs, on ne comprend pas, le chemin est plutôt bon… au début… et puis ensuite, c’est un chemin, de pire en pire, avec des ornières, des cailloux… dans un cahot, je perds certainement ma première paire de lunettes qui étaient dans la poche arrière de mon maillot.

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    Sur le moment, on ne rigole pas, mais en fait, ce fut un bon entraînement pour la Roumanie puisque ce genre de route deviendra plus que fréquent, tant qu’on n’aura pas à rouler carrément en pleins champs.

    Bref, nous arrivons vers 18h à Komarom et décidons de prendre le premier hôtel que nous trouvons. Nous sommes assez loin des Thermes, mais peu importe, nous irons plus tard en vélo, profiter de l’eau qui sort dans certains bassins jusqu’à 48 degrés… Les jets d’eau qui massent sont un vrai plaisir après une telle journée…             Au final, l’histoire de la carte de crédit n’est pas complètement oubliée, mais les journées sont tellement pleines qu’on finit par vite passer à autre chose.
 
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Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Dunakiliti - Komarom
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Vendredi 31 août 2007
Komarom est une ville à la frontière Slovaque. La Danube séparant les deux parties de la ville.


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Après avoir étudié le relief de l’étape, nous choisissons l’option de rejoindre Budapest en faisant les 50 premiers km en Slovaquie, le long du Danube. Ce tracé a l’avantage de ne pas avoir du tout de dénivelé !!!
La Slovaquie ne nous présente ici pas son meilleur visage… Villages à demi à l’abandon, gris, sales, vides… La comparaison avec la Hongrie est frappante.

Nous roulons plutôt bien et arrivons à Esztergom, dont la basilique est sur certains billets hongrois, afin de passer la frontière.
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Je crois que c’est sur ce bout de route jusqu’à Budapest que nous avons croisé le plus de cyclotouristes.




Il est vrai que ces 50 kilomètres sont des plus agréables, le long du Danube, ensuite sur une île à laquelle on accède par un bac. Les horaires de la navette sont affichés et les aller-retour prévus toutes les demi-heures… Mais le bac qui est de l’autre coté du bras du fleuve, aussitôt qu’il nous aperçoit, nous fais signe qu’il vient nous chercher !
Cette étape est la seule des trois premières où nous verrons autant le Danube. Comme je l'ai dit relativement plate côté slovaque, la vallée est plus étroite côté hongrois et les collines fy ont parfois place à d'abruptes falaises.


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Sur l'île, le chemin est simple, une fois sorti du premier village, il n’y a qu’une route sur 15 kilomètres, c’est tout droit, bordé de chênes et de platanes et pendant 50 minutes, nous ne verrons qu’une ou deux voitures.
 
Arrivé dans le village suivant, nous pourrions traverser le seul pont disponible et retrouver le bord de route, mais l’ambiance ici est tranquille alors nous bifurquons et allons au bac suivant. En attendant celui-ci, nous rencontrons deux cyclo allemands qui ont traversé l’Autriche et se rendent à Budapest, leur étape finale.



Alors que nous comptions entrer dans Budapest par le train, pour les 15 derniers km, ils nous conseillent le bateau, puisque des navettes font le trajet. Cela dure une heure, sur le Danube et nous amène directement en plein cœur de la ville.
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La balade en bateau est bien agréable, et permet surtout de découvrir (de plus ou moins loin) les principaux monuments de la ville (le parlement entre autre).

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Nous nous rendons à notre ‘auberge de jeunesse’ et la surprise est que nous devons monter nos vélos au troisième étage. Le tenancier, fort sympathique et galant porte la plupart des affaires de Dagmar… A cette heure là, j’aurais préféré qu’il soit gay !

La super bonne surprise, c’est que cette auberge de jeunesse est située en plein cœur d’un quartier touristique de Budapest, et qu’au pied de l’immeuble se trouve un grand choix de bar à cocktails et de restaurants…

De Budapest, nous n’avons pas effectué une longue visite. Nous avons tout de même fait une sortie de nuit, afin de voir un peu à quoi ressemblent les bords du Danube illuminés, mais voilà une ville qui aurait peut-être mérité qu’on s’y attarde un peu plus.
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Komarom - Budapest
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Jeudi 30 août 2007
 
Sortir en vélo d’une si grande ville est une chose compliquée longue et périlleuse.
Alors nous décidons de prendre le train sur quelques km.

Budapest---Tiszakecske---163.JPG
 
Sur le trajet de la gare, nous rencontrons un autre cyclo, jeune et vraisemblablement américain. Il revient justement de Bucarest et nous indique que la Roumanie et notamment  les Carpates c’est ‘’rough’’… il nous assure que nous aurons du ‘’fun’’ et nous souhaite un bon voyage… 
Je ne trouve pas de traduction satisfaisante à ‘’rough’’, mais effectivement, on le verra bientôt, les Carpates en vélo, c’est ‘’rough’’.

Bref, rendus à la gare, le parcours du combattant pour acheter un ticket pour la destination que nous avons choisi est assez impressionnant. Je me fais dire que la destination où nous voulons aller n’est pas desservie dans cette gare ! Peu importe, on en choisit une autre… comme il est plus tard que prévu et que les 3 premières étapes étaient longues, nous choisissons de faire 100 km en train et d’en garder 50 en vélo pour rejoindre une petite ville thermale.

Il nous faudra 3heures pour faire 100 km en train… Nous avons traversé et nous sommes arrêtés dans tous les villages que compte le trajet Budapest- Szolnok. Des gares assez rustiques, parfois sans quai, au milieu de nulle part, sans nom d’affiché, avec parfois juste un sentier qui mène au village 300 mètres plus loin.


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Szolnok est une ville de 70 000 habitants dont nous ne verrons que le quartier de la gare et la banlieue. Disons que le quartier de la gare ressemble déjà à une de nos banlieues.

Tout est bétonné, espacé, aéré, avec des barres d’immeubles dans le plus pur style Blockhaus… C’est gris, ça parait vide. On subit tout de suite le contraste avec la campagne calme et verte et le cachet de l’architecture du centre de Budapest.

Après quelques recherches sur le net, toute la ville n’est heureusement pas comme ça, et il subsiste quelques monuments. Nous ne les aurons pas vus, tant pis !


Nous voilà donc sur la route en pleine après-midi en direction d’un des nombreux villages
avec des Thermes : thermal furdo en hongrois. Nous roulons une cinquantaine de kilomètres pour atteindre la Tizsakecske.

Après avoir sonné sans succès dans une pension, nous décidons qu’après le luxe de ces derniers jours, un petit peu de camping ne nous ferait pas de mal.

Notre équipement de camping est réduit au minimum : une tente bon marché pour 2 Schtroumpfs, qui prend vite l’humidité, pas de matelas ou autre tapis de sol, superflus, un duvet épais pour du -2 degré et un autre certainement spécial nuit d’été confortable jusqu’à 12 degrés (Bref, on aurait emmené un drap, ça aurait pris moins de place, ça aurait pesé moins lourd et ça aurait été tout aussi efficace !)

Budapest---Tiszakecske-mini-duo---169.JPG
L’avantage de la tente, c’est qu’elle est facile à monter… et à démonter aussi !
Un coup de pied mal placé dans la nuit, et c’est toute la tente qui s’affale sur nous !


Thermal-furdo.jpg
Avec la place de camping, nous avons des entrées incluses pour les bains…

Des sources chaudes qui sentent un peu les hydrocarbures et dont la couleur tire vers le marron nous attendent. C’est un vrai plaisir, même après 50 petits kilomètres de pouvoir se décontracter dans ces bassins…


La fatigue et la chaleur apaisante de l’eau nous font oublier que nous dormons à même  le sol.
 
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Budapest - Tiszakecske
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Mardi 28 août 2007


Les tenanciers du camping nous ont expliqué le chemin suivre pour rejoindre l’autre rive de la rivière Tisza. Après avoir vaguement évoqué un problème au niveau du fleuve, il nous indique un autre chemin à prendre…

Nous partons donc, après un passage obligé par la boulangerie pour le ravitaillement en eau et autre petits encas… Après 10 km à tourner en rond à la recherche du chemin indiqué, après avoir demandé 4 fois notre chemin et avoir reçu 4 réponses différentes, nous optons pour prendre la route sur laquelle un hypothétique problème nous attend..

C’est sympa de rouler gaiement au devant d’une nouvelle galère… après 5 km, le voilà notre problème : le bac qui doit nous faire traverser n’est plus en activité.

Nous sommes donc devant une rivière d’une cinquantaine de mètres de large, sans pont ni bac. Un pêcheur un peu bourru à qui nous demandons ce que nous pouvons faire nous indique la digue et nous invite à la suivre sur 10km. La digue, c’est à peine un chemin caillouteux… plutôt une étroite bande de terre surélevée et recouverte de pierres et de mauvaises herbes !


Tiszakecske---Oroshaza---405.JPG
A ce stade, ça nous calme un peu, et on n’est pas motivé du tout pour faire les 10 km pour trouver un pont pour ensuite se taper 10 autres km dans l’autre sens. Disons que face aux 50 mètres qui nous séparent de l’autre rive, 20 km, on trouve ça un peu exagéré et rude au réveil !

Devant notre mine certainement dépité, le pêcheur nous propose finalement de nous faire passer sur sa barque. Ce sera chacun notre tour et sans problème, juste la peur de faire tomber les vélos dans le fleuve.

On a eu ainsi notre première leçon sur l’importance des ponts. Nous en aurons d’autres par la suite !



Après l’avoir remercié chaudement nous voilà repartis et au détour d’un bosquet, nous voyons une biche traverser la route juste devant nous.

Budapest---Tiszakecske---166.JPG


Nous avançons donc en direction d’Oroshaza, ville thermale qui devrait logiquement être notre dernière étape 100% hongroise. C’est ce jour là que nous avons compris que le sud-est de la Hongrie était le début du grenier de l’Europe

D’une platitude extrême, les rares routes sont ennuyeusement droite sur parfois 15 kilomètres pour bifurquer de quelques degrés avant de reprendre leur tracé monotone entre les champs de mais, de tournesol ou de mais ou encore de tournesol…




Quand ce ne sont que des champs de foin, on observe le travail manuel des habitants et on croise nos premières charettes de foin !
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Alors qu’il ne nous reste qu’une petite heure avant d’arriver nous essuyons le premier gros orage avec de la grosse pluie qui mouille et surtout du vent violent. Nous improvisons une petite pause sous un abribus troué par la rouille et on attend sagement que ça passe, en espérant d’ailleurs que ça passe…

Oroshaza, nous voilà !


Encore une ville dont nous ne verrons rien puisque nous nous rendons directement aux thermes pour y trouver un hôtel et une source d’eau chaude. Tout cela est un peu en dehors de la ville et à vrai dire, peu importe, nous préférons nous prélasser dans les bassins extérieurs. La encore l’eau est bien sombre mais n’a pas cette odeur désagréable de la veille.



Aux thermes nous préfèrons les bassins d’eau chaude extérieurs à la piscine intérieur, ses toboggans et ses cris d’enfants qui résonnent. Dehors, juste quelques curistes évoluent au ralenti entre les jets massants et les bulles, le soleil est déclinant, les oiseaux chantent encore, on est bien !
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Tiszakecske - Oroshaza
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Lundi 27 août 2007

Si tout va bien, on devrait ce soir être en Roumanie.


Nous sommes un peu pressés de rejoindre la frontière et sans détour aucun, nous roulons rapidement sur les grandes lignes droites cernées de tournesol ou de mais…

Première remarque, dans ce coin là de la Hongrie et ceux depuis la veille, nous voyons énormément de parcelles de mais avec des affiches Pioneer ou d’autres fabricants d’OGM. Il y en a vraiment partout, c’est assez incroyable.

Deuxième remarque, les routes sont toujours aussi droites. Je sais, je me répète, mais c’est un peu pénible à la longue.
Oroshaza---Arad---294.JPG Troisième  remarque, on observe aussi dans cette partie du pays, des pompes à pétrole. Effectivement, après une brève recherche sur le net, le trajet que nous empruntons entre Oroshaza et Batoonya, la ville à la frontière roumaine, passe au travers de plusieurs concessions d’extractions de pétrole.

Nous n’en avions jamais vu en vrai, seulement dans le générique de Dallas… mais on n’a pas vu de JR hongrois sur le chemin.


Dernière remarque : les routes sont plates et droites et on en voit que du mais même pas 100% naturel et de temps en temps une pompe....


Après avoir dépensé nos derniers Forints quelques kilomètres avant la frontière, nous arrivons au poste de douane.  On se rend tout de suite compte de la différence. A chaque fois que nous avons traversé la frontière hongroise, il y avait un contrôle de papiers avec des gens pas vraiment souriants voir limite qui faisaient la gueule afin de donner l’impression que le passage de l’autre côté n’est pas automatiquement garanti…

Ici, au vu des douaniers appuyés nonchalamment sur une barrière, souriant et prenant nos passeports en continuant de discuter entre eux, on s’aperçoit de la différence de mentalité.


Que ce soit dit : la Roumanie est un pays latin. D’ailleurs deux kilomètres plus loin, on aperçoit un troupeau de moutons qui dort à l’ombre des arbres bordant la route… un peu plus loin, le berger dort aussi avec son chien, à l’ombre… Ben oui, effectivement, il est 14h30, c’est l’heure de la sieste !


Toute heureuse d'avoir enfin franchi la dernière frontière, Dagmar commence à chanter et à sauter sur son vélo comme si elle était arrivée... soit, c'est vrai que ça fait plaisir, mais de là à chanter...

Oroshaza---Arad---296.JPG Il nous reste une trentaine de km avant Arad, ville de 170 000 habitants. Nous avons prévu de la rejoindre par la nationale qui offre le tracé le plus direct. On ne se rend pas vraiment compte à ce moment là ce qu’est une nationale roumaine ! Comme il n’y a que très peu d’autoroute, et essentiellement autour de Bucarest, tout le trafic emprunte ces routes là.

Le respect des limitations de vitesse, des distances de sécurités et l’usage du klaxon sont des choses très particulières ici. Alors que nous arrivons dans Arad, nous sommes un peu dégoûtés de cette première expérience sur la nationale.



Mais nous avons déjà vu des choses qui seront typiques tout au long de notre parcours au travers du pays : des vendeurs de légumes, de fruits, de tapisserie, ou de foin au bord de la route. Le plus étonnant fût en effet cette Dacia (la R12 roumaine) entièrement remplie de bottes de foin.



Sur la grande avenue à l'entrée de la ville, en fait le prolongement urbain de la nationale (il n’y a pas de contournement des villes, sauf peut-être à Bucarest), nous repérons un magasin de vélo. Nous regrettons maintenant de ne pas avoir pris de photo tellement cette expérience fut étonnante. Le magasin était plus un atelier qu’une boutique. Le concept du rangement me faisait penser à ma manière très personnelle de trier mes papiers, c’est à dire tout rassemblé, empilé, mais un peu éparpillé tout de même pour avoir chaque chose sous les yeux en un clin d’œil. (ceux qui savent comprendront).

Oroshaza---Arad---304.JPG

Le patron porte un marcel blanc, enfin gris-noir de cambouis, mais la couleur originelle devait être le blanc. Son marcel laisse découvrir son nombril et son ventre bedonnant. Très grand et large, mais bien moins gros que son collègue assis sur une caisse, qui lui doit faire plus de 160 kilo, notre réparateur porte un œil de verre et parle aussi bien l’allemand que le français, l’italien et quelques mots d’anglais. Il nous parlera quelques peu, nous apprendra des rudiments de roumain pour au moins pouvoir être poli avec les gens à qui nous demanderons notre route.

Quand Dagmar lui annonce que nous venons de Vienne et que nous allons à Bucarest, on lit l’étonnement dans son regard et s’empresse de la traduire à son collègue qui sourit. Ils doivent nous prendre pour des fous.





Alors qu’il finit de réparer le pneu, il nous indique que le magasin était normalement fermé, mais que bon, il laisse la porte ouverte au cas où. Nous lui demandons combien nous lui devons pour la demi-heure de boulot et je ne sais pas si il voulait récompenser le courage ou la folie, à ses yeux, d’entreprendre ce voyage, mais il nous indique qu’il refuse qu’on le paye et nous souhaite bonne route ! DRUM BUN !
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Oroshaza - Arad
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Dimanche 26 août 2007

 

Je me souviens avoir dit à Dagmar qui comme je l'ai dit, était vraiment heureuse d’avoir enfin atteint la Roumanie, que même si j’étais content d'y être, pour moi, cela voulait aussi dire que ce n'était que le début de la galère. Je n’ai pas dit ‘emmerdes’ mais galère voulait en fait dire 'probables emmerdes'
Arad---Caprioara---10.JPG Mais bon, personne ne m’a forcé à venir et puis je suis venu ici pour y vivre quelque chose plus que pour simplement y faire du vélo.

Et question d'y vivre quelque chose, cette première étape 100% roumaine va contenter mes attentes !

En fait, il ne nous est rien arrivé de particulier cette journée là mais ce fût tout simplement notre premier contact avec la campagne roumaine profonde. Celle où les routes ne sont pas goudronnées, où les chemins qui relient 2 villages sont complètement défoncés, où la volaille (oies, canards, poules, dindons, etc.) se promène en liberté au milieu des hameaux...


(ici, la première 'petite' ville : Lipova avec son marché noir dans le coffre des voitures)

Les hameaux justement, les maisons tiennent encore debout, mais nous sommes parfois surpris de voir des rideaux aux fenêtres de ce qui ressemble plus à des ruines qu'à autre chose.

Je pense qu'on connaît tous un peu ça. en France, quand on va à la campagne dans un village un peu isolé, il existe toujours une ferme à l'écart où subsistent encore dans la cour quelques bouts d'épave de voiture, des pneus qui traînent de-ci de-là, des outils agricoles sales ou rouillés, un véritable bric-à-brac de choses usées qui attendent qu'on leur trouve un nouvel usage. Tout cela donne une impression de saleté qui vient surtout du fait que les habitants ont plus à faire dans les champs ou avec les animaux qu'à nettoyer devant la porte de leur grange.
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Et bien dans cette campagne roumaine où peu de touriste doivent mettre les pieds, c'est un peu comme si il y avait des villages entiers de ces fermes là... Les villages sont la plupart du temps conçus tout en long, parfois étalés sur plusieurs kilomètres. Derrière chaque maison, un bout de jardin.

Certains villages semblent vraisemblablement vivre en autarcie ou presque. Des puits devant chaque maison et parfois dans certains villages, des tuyaux jaunes fraîchement installés nous font penser que certains endroits reculés n'ont pas l'eau courante ou alors viennent juste de se la faire installer.

Tout cela n'est pas vraiment dérangeant, ce qui parfois est étonnant (pour ne pas dire perturbant), ce sont les habitants de ces villages.
C'est l'été, vacances scolaires obligent, nous rencontrons beaucoup d'enfants et aussi énormément de vieux, assis devant leurs portes, sur un tronc, ou une pierre, dans le meilleur des cas, une chaise. Il sont là, chacun devant leur maison, parfois regroupés entre voisins, un petit groupe de 2 ou trois.

Nous les saluons tous et ils nous répondent quasiment tous avec la main, ou en esquissant un geste et un sourire. La plupart des anciens n'ont plus de dents ou juste quelques unes, Quant aux jeunes, passé 25 ans, il leur en manque déjà parfois une ou deux.


C'est ainsi que nous traversons une douzaine de villages ce premier jour, avec à chaque fois l'envie de prendre des photos des gens, des maisons, de faire des vidéos... Mais nous avons souvent l'impression que les habitants nous regardent comme des phénomènes de foire, avec nos vélos peut être un peu trop rutilants, nos casques et les toiles fluos qui protègent nos bagages de la boue et parfois de la pluie.
Et puis traversé un village, la caméra à la main ne me tente pas du tout, je trouve que ça donnerait un petit côté ''Safari en Roumanie'' qui ne me plaît pas.
Du coup, je ne prendrais ce jour là qu'une vidéo, alors que le temps se gâte et que tout le monde est rentré chez soi, sauf nous deux qui avons encore une quarantaine de km à faire. Alors que nous traversons un village désert et que seul quelques oies traînent encore dehors.

 

 


Un peu plus tard, nous prendrons effectivement un peu de pluie, mais rien de bien long ni bien méchant.

Nous nous rendons compte ce jour là qu'il va être difficile de trouver une pension alors nous décidons de nous rendre à Savarsin qui propose vraisemblablement un camping. C'est une petite ville située dans la vallée que nous suivons, mais de l'autre côté du fleuve...
Il commence à être tard, environ 19 heures, et un bon orage se prépare. On commence sérieusement à se dire que l'idée de camper n'est pas la meilleure qu'on ait eu, surtout avec notre équipement de piètre qualité.
Quoiqu'il en soit, on a peu de chance de trouver une pension ou un hôtel dans le coin où on se trouve... Alors qu'on arrive au pont pour se rendre à Savarsin, nous tombons de notre chaise, enfin de nos selles, enfin, façon de parler... C'est à dire que le pont est bien là, mais il n'en reste que l'armature métallique. Le tablier a disparu, et puisque le pont rend quand même service, ils ont eu la bonne idée de tendre des planches entre les poutres métallique.

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J'ai regretté tout le long du voyage de ne pas avoir sorti l'appareil photo ce moment là. Sur le coup, on ne rigolait pas trop. Des jeunes qui trainaient par là ne comprenaient pas notre appréhension à traverser le pont sur des planches un peu trop souples à mon goût avec nos vélos et nos bagages...

C'est clair, il aurait fallu faire plusieurs aller-retours, d'abord avec les bagages, puis ensuite avec les vélos, mais on n'était que moyennement emballé par l'idée. Je pense que seul, avec mon vélo, j'aurais au moins tenté de le traverser une fois. Mais là, le vélo n'est pas le mien, et surtout Dagmar a le vertige, donc, l'entreprise est compromise. 50 mètres sur des planches souples juste posées, même pas fixées, avec une largeur de chemin d'au mieux 80 cm, ça n'est pas engageant surtout quand on a déjà 95 km dans les jambes.

(Le pont ressemblait un peu à celui là, mais sans tablier !)




On est à ce moment quelque peu dégoûté car il se met à pleuvoir, qu'il fait très sombre et qu'on ne sait pas où dormir...
On décide alors d'avancer en se disant qu'on trouvera bien un bout de forêt, ou un abri sous lequel on pourra poser la tente.

Un miracle est alors survenu ! Dans le village suivant, nous apercevons un panneau ''pensiunea''. Des gens nous indiquent qu'il faut monter sur le flanc de la colline et qu'à la sortie du village se trouve la pension.
Le village est comme les autres. Le chemin est défoncé, la volaille, malgré la pluie traîne encore un peu dehors...

C'est alors que nous tombons sur la-dite pension : une villa avec des cabanons super bien aménagés. Tout à notre joie de trouver quelque chose de si incroyable dans cet endroit accessible pas aucune route goudronnée sur plusieurs kilomètres, nous demandons une chambre sans poser aucune question de prix.

Caprioara---Deva---172.JPG La facture sera salé pour l'endroit dans lequel nous nous trouvons : 70 euros avec le repas du soir et le petit déjeuner.

Vu le luxe relatif des équipements ( serviettes, savons, ... à disposition) c'est certainement le prix que nous aurions payé aux abords d'une grande ville, mais vu le trou dans lequel nous étions, cela est un peu exagéré.
Toutefois les BMW et autre Porsche Cayenne garées devant la maison auraient nous mettre la puce à l'oreille.

Peu importe, nous ne pouvions de toute manière pas faire autrement !




Les autres locataires sont chaleureux et parlent anglais, allemands ou espagnol si bien que nous pouvons échanger un peu avec des roumains, qui nous parlent de leur pays et nous donneront quelques conseils pour notre tour et quelques infos pour comprendre la Roumanie.
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Arad - Caprioara
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Vendredi 24 août 2007

Par rapport à la veille, cette étape sera tranquille tant en terme d'émotion  qu'en terme de trajet.

Caprioara---Deva---174.JPG Nous décidons de partir tard et continuons à suivre la vallée. Nous remontons tout de même lentement en altitude, puisque nous roulons vers la source du fleuve. Sur les 25 premiers kilomètres, nous sommes sur les chemins détrempés par l'orage de la veille et mis à part quelques chiens faisant plus de bruit que de mal, nous avancons vers Deva.

Un orage soudain nous trempera dans un premier temps puis nous bloquera pour une petite heure alors que nous trouvons refuge dans une mini-chapelle.

Deva est un peu plus loin que prévu et les derniers kilomètres seront difficiles.

Arrivés en ville, nous cherchons un hôtel, mais ceux-ci sont tous hors de prix (entre 65 et 85 euros), ce que nous trouvons éxagéré pour l'endroit. Dagmar dira à un réceptionniste, en espérant pouvoir négocier un prix que c'est 'really expensive'' et elle se verra répondre avec un grand sourire un peu désabusé '' Yes, I know''.

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On est toujours à se demander qui peut se permettre une nuit d'hôtel par ici !

Nous trouverons donc un motel, à la sortie de la ville, au bord de la nationale. Le prix est standard : 100 ron, c'est à dire un peu moins de 33 euros.

Nous sommes dimanche soir, et allons faire un tour en ville. Le temps redevient ensoleillé et nous décidons de manger en terrasse dans une rue piétonne.
Le repas excellent, avec de succulentes ''Clatites'' (les crêpes locales) agrémentées de notre demi-litre de bière quasi quotidien ne nous coûtera qu'une grosse douzaine d'euros.

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Plus tard, nous décidons d'aller faire un tour à la fête forraine. Pour une ville de plus de 100 000 habitants, la fête ressemble à celle des villages francais.

Une piste d'auto-tamponneuse, un manège pour les petits, de la musique techno et des stands de sucreries, barbes à papa ou pop-corn (le pop corn au chocolat ferait un malheur chez nous !).

On trouvera aussi des spécialités du coin : Du mais, ou alors des Trodl (c'est le nom Tcheque, puisque nous avions vu les même choses délicieuses à Prague et que nous n'avons pas retenu le nom roumain.)


Je vous ferais grâce de l'anecdote complète concernant le patron du motel qui est venu nous reveillé en pleine nuit pour nous demander où étaient nos vélos ? (nous les avions rentrés dans la chambre) et aussi pour me rappeler qu'il faut que nous payions le lendemain (alors que j'avais déjà payé, mais bon, en pleine nuit, dans un mix d'anglais, d'italien, d'espagnol, de francais et de roumain, j'ai eu un doute et comme je n'avais pas recu de facture, on s'est demandé si il allait pas essayer de nous arnaquer le lendemain. En fait, il était simplement bourré... et l'histoire le lendemain était déjà oubliée...) Caprioara---Deva---191.JPG

Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Caprioara - Deva
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Jeudi 23 août 2007

Voici une étape que je pourrais passé sous silence tellement elle est peu reluisante pour nous !
Nous sommes partis très tôt et avons roulé très longtemps sur une route groudronnée, quasiment déserte et sur laquelle nous nous sommes fait un plaisir de rouler vite.
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Nous avons terminé par environ 25 km de chemin, le long d'une rivière. Nous avons d'ailleurs eu des compagnons de route : un couple de jeunes sur un seul vélo, qui revenait de la pêche, la fille étant assise en amazone sur la barre du vélo alors que le garcon tentait d'éviter les trous du chemin. Nous nous sommes mutuellement doublés de nombreuses fois, à chaque fois en lancant un 'ciao', pensant laisser nos éphèmères compagnons sur place.. tout cela était bon enfant et était ma foi, très sympathique.

Pour les 10 derniers km pour entrer dans Sebes, nous n'avons pas trouvé la route et avons emprunté un chemin caillouteux et pentu qui nous a vite fait oublier notre décontraction...

Comme à Deva, bien que la ville soit beaucoup plus petite, nous trouvons un motel à la sortie en bord de nationale. Cette journée encore, nous sommes lentement montés en altitude, sur de longs faux plats, en bordure de rivière. Il est encore tôt, mais continuer ne servirait à rien puisque le prochain endroit pour dormir est au moins à 50 km.

Nous partons alors en ville. Comme nous n'avons pas pris tout notre argent et qu'un resto nous ferait du bien, nous partons retirer de l'argent...


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Je ne sais pas comment expliquer qu'à deux devant le distributeur, nous avons trouvé le moyen en se divertissant l'un l'autre, d'oublier notre dernière carte bleue dans la machine !!!! Vous expliquer que les automates ne fonctionnent pas excatement comme chez nous ne nous dédouanneraient pas beaucoup.

Parmi les nombreuses personnes à qui nous avons raconté cette mésaventure, ce sont nos parents respectifs qui ont été les plus francs et cela à donner côté francais : 'vous etes niais, faut vraiment être con' (Merci papa) et côté allemand : ''Ihr seid bescheuert'' ( ce qui revient sensiblement au même)


Nous avons immédiatement appelé le numéro indiqué. D'ailleurs, j'ai oublié de vous dire que quelque part entre Caprioara et Deva, une sorte de pate à tartiner au fromage avait, sous l'effet de la chaleur, fondu, et le pot, à force de subir les chocs dûs à la mauvaise qualité des chemins, s'était ouvert et avait laissé se déverser le liquide fromager sur notre unique téléphone portable, le mien.


Pour résumer, le fromage sous les touches et l'écran avait povoqué quelques court-circuits et malgré le démontage, séchage, il était trop tard pour récupérer le fidèle compagnon de ces dernières années...

Donc, avec notre carte téléphonique, à crédit limité, nous appelons la hotline qui se veut rassurante et nous indique qu'il suffit de retourner à la banque le lendemain et tout devrait rentrer dans l'ordre.
Cela semble calmer Dagmar et me rassure un peu, mais je préfère ne pas dire que tout cela me paraît trop facile. Pour avoir un peu de famille dans la banque :-)  il me semblait que celle-ci n'avait pas le droit de nous la rendre aussi facilement... Je préfère ne rien dire et attendre le lendemain.

Nous rentrons alors silencieusement à l'hôtel, refusant d'évoquer l'hypothèse de nous retrouver au milieu de la Roumanie avec un minimum d'argent, en tout cas pas suffisament pour vivre décemment jusqu'à Bucarest.
Nous boirons quelques bières de plus que prévu ce soir là...

Le lendemain, à la première heure, nous nous rendons à la banque, le responsable nous explique qu'il n'a pas le droit d'ouvrir l'automate, que de toute facon, nous ne pourrons la récupérer que le lendemain... Mais après notre insistance et quelques coups de fil à ses responsables, il finit par nous demander de lui faire parvenir un mail ou un fax de la part de la banque de Dagmar, justifiant qu'ils sont autorisés à nous rendre la carte et alors nous pourrions théoriquement la récupérer à 16 heures.

Cela ne nous enchante guère. J'ai oublié de vous dire : Sebes : c'est mort, et peu attractif, c'est bien pour y passer une nuit, mais une journée, non merci !

Il nous faut trouver les bons numéros de tel, et comme nous préfèrons pour le moment taire cette histoire, nous voilà parti à la recherche d'un café internet. Chose peu évidente, mais que nous finirons tout de même par réussir, après une bonne heure de recherche, les employés de la banque refusant de nous donner accès au net à partir de chez eux.

Nous notons les bons numéros et achetons une nouvelle carte téléphonique. Nous devrions commencer à compter notre argent et éviter les dépenses superflues, c'est à dire autre que nourriture et couchage, mais il le faut  !
Il est important de préciser que la banque de Dagmar est une banque internet, sans guichet, sans agence...
Là commence alors un parcours méandreux au sein des différents services de sa banque, passant d'interlocuteurs en interlocuteurs, à qui il nous faut raconter 10 fois notre problème. Après avoir épuisé une première carte téléphonique, notre dernier interlocuteur nous annonce alors que nous écoutons les bips indiquant la mort prochaine de nos crédit : ''J'ai bien compris votre problème, mais je ne suis pas sur d'avoir le droit d'envoyer un fax !- puis BIP ! BIP ! BIP !

Bref, à ce moment là, c'est un peu la désillusion. Faut-il racheter une carte ? À chaque appel, nous tombons sur un nouvel agent  ! Faut-il rentrer à l'hotel pour leur demander de nous rappeler ?

Nous pensons faire ca, mais sur le chemin, nous repassons devant cette agence de la BCR (Banca Commerciala Romana). Dagmar qui n'abandonne jamais décide d'aller insister et cela s'avérera payant.
Voyant qu'il ne pourra pas se débarrasser de nous, et comprenant qu'il nous est impossible de contacter notre banque, il nous demandera de signer une décharge comme quoi nous avons repris la carte. Une copie de passeport plus tard, nous partons récupérer la carte qui a été emmenée dans l'agence principale de la ville.

Ouf !

Mais nos histoires d'argent ne s'arreteront pas là. En effet, lors de notre connexion internet, Dagmar s'est rendue compte que l'argent que son frère devait lui virer après notre aventure à Gyor et le vol de ma carte, et bien, cet argent n'est jamais arrivé. Nous sommes dans le rouge. Il va donc falloir économiser quelques jours le temps qu'un nouveau virement arrive !

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Sebes le soir au soleil couchant...  Un superbe souvenir que cette ville grise !
Par Guillaume & Dagmar - Publié dans : Deva - Sebes
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